Notre rencontre avec Thibault Dumont Devoge, Vitrine DD

La Vitrine DD accueillera le 18 mai prochain la deuxième édition des Samedis Arty. Rencontre avec Thibault, l’un des fondateurs de la galerie, qui nous en dit plus sur la genèse du projet de la Vitrine DD et sur sa rencontre avec l’artiste Valeria Canseco qui présentera une carte blanche à cette occasion.

La Vitrine DD tient son nom de la famille Dumont Devoge, dont toi, Thibault, tu es le grand frère. Tu peux nous en dire plus sur ta famille et ce que vous aviez comme volonté en créant cet espace ?

La famille DD est composé de mes parents, Catherine et Olivier, de mon petit frère Raphaël et de moi même.

Nous avions malheureusement perdu notre grand-mère et nous avons touché un peu d’argent, l’objectif était de l’utiliser à bon escient. A cette époque je recherchais un local dans le Marais et mon père est tombé sur une annonce, Cité du Petit Thouars, d’un local d’art therapy en vente. Nous l’avons visité et ce lieu très lumineux nous a ému car nous y sentions vraiment une âme.

Sachant que nous avions cette appétence pour la créativité et pour le Marais , nous nous sommes dit que c’était le moment de créer une unité familiale qui perdurerait grâce à cet espace, en mémoire de notre grand-mère. On avait le luxe d’avoir un lieu physique qui nous appartenait pour donner de la visibilité à des projets et des artistes.

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Comment chacun des membres de la famille participe-t-il à la vie de la Vitrine DD ?

Nous avons chacun nos activités professionnelles à côté, mon père travaille dans l’événementiel, ma mère est professeure des écoles et à crée une méthode destinée à la pédagogie. Mon frère est chef de projet en communication et fondateur de l agence DD et moi médecin généraliste. Les rôles se sont répartis de façon assez spontanée et plus on avance dans le temps (car la Vitrine DD a déjà 3 ans) plus on acquière des compétences.

Dans la répartition des tâches, ma mère Catherine a assuré la conception de la vitrine DD fondé sur le travail architectural de Lucas Remy et s’occupe de la partie wording, bon fonctionnement de la Vitrine et création phonique. Mon frère Raphaël est dans la communication, gestion de projet et gère le côté stratégique, business. Il a créé et s’occupe de l’Agence DD, qui évolue en parallèle de la Vitrine. Mon père gère la part en conseil événementiel et contractuelle. Quant à moi, je suis plutôt à la recherche des concepts et des projets artistiques, créatifs et novateur

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Aucun de vous n’avez d’expérience professionnel en tant que galeriste, quels ont été les plus gros challenges afin de faire vivre la vitrine DD ?

Nous ne sommes pas galeristes, d’où le nom de « Vitrine ». Le plus gros challenge a été de monter des événements de A à Z, de typologies différentes et de se professionnaliser. Désormais entrer en contact avec des créatifs tout en ayant une certaine assurance sur la qualité de nos prestations est possible. Le format familial et non standardisé plait.

Tenter des expériences dans différents domaines comme l’accompagnement dans le lancement d’un magazine papier, la présentation d’une collection, la mise en avant d’une ligne éditorial de design, la réalisation d’une exposition photographique nous permet finalement d’acquérir des compétences qui nous permettent d’explorer d’autres voies.

 Vous recevez régulièrement des artistes émergents, parfois pour leur première exposition comme ce fut le cas avec Titia Thomann, comment prenez-vous la décision de présenter tel ou tel artiste ?

Chaque projet est débattu et validé par l’intégralité de la famille DD. Cela nous apporte un certain confort car chaque projet ne dépend pas que de la décision d’un membre. Ceci nous permet d’offrir une bonne répartition des tâches, de débattre autour d’avis différents et de prendre des décisions plus mûries.

 La prochaine exposition de la Vitrine DD sera une carte blanche à Valentina Canseco, tu peux nous en dire plus sur l’artiste et votre collaboration ?

J’ai rencontré Valentina après avoir vu une photographie d’une de ces peintures. J’ai eu un véritable coup de cœur pour son travail graphique et esthétique. De façon spontanée je suis entré en contact avec elle et Valentina m’a invité à la rencontrer au 6b, un lieu de création et de diffusion. J’ai découvert ses oeuvres et c’est toute la discussion avec elle autour de son travail mûri, splendide et argumenté qui m’a convaincu de la force de son travail qu’elle présentera lors de cette carte blanche.

On espère vraiment pouvoir transmettre au public toute sa démarche et son processus de création qui est véritablement passionnant.

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Comment se passent les relations avec les autres galeristes du marais ? Avez-vous des contacts avec eux ?

On est au cœur de la cité du Petit Thouars, dans le marais, qui est un cocon assez créatif avec pas mal de créatifs et d’artisans, donc il y a déjà une vraie effervescence au sein même de la cité. Après, nous essayons de rentrer dans la mouvance de travailler et d’échanger avec les autres galeristes. Par exemple notre participation aux Jeudis Arty nous a permis de créer des liens et de partager des expériences avec nos voisins galeristes. Il existe une vraie entraide.

On s’attache aussi à nouer des liens avec des institutions comme avec l’école Duperré qui présente les travaux de fin d’étude de la classe DSAA par exemple ou en créant une programmation parallèle à celle du Carreau du Temple, acteur incontournable du quartier.

 Participez-vous à des salons ou des événements d’art contemporain ?

Pas encore mais c’est en projet. Nous sommes tout doucement en train de faire nos preuves. On s’améliore de jour en jour et on acquiert progressivement une certaine expérience dans le travail d’élaboration d’expositions artistiques en menant les évènements de A à Z, du choix de l’artiste, au commissariat, à la promotion et la vente des travaux artistiques.

On espère vraiment par ce biais pouvoir permettre aux artistes de jouir d’une liberté totale dans leur processus de création d’où cette première carte blanche avec Valentina Canseco.

 Avez-vous commencé à créer des liens avec des collectionneurs ?
Oui, nous avons déjà des liens directes avec des collectionneurs, mais nous essayons de trouver d’autres voies dans le processus de distribution et la vente des œuvres d’art comme en travaillant avec des institutions, des collectifs et des médias culturels, qui eux-mêmes vendent par de l’e-shop ou par relation.nt

 

 La Vitrine DD est située au 5 Cité Dupetit-Thouars, 75003 Paris

 

Une rencontre réalisée et racontée par :

Hugo