Notre rencontre avec Michael Dotson

Venu de New York pour le vernissage de son exposition « The Fury of Sunset » à la galerie Zürcher, le jeune artiste Michael Dotson a donné l'occasion à notre reporter Alexandra de lui poser quelques questions.

L'exposition est prolongée jusqu'à notre prochaine nocturne, le 4 juin prochain.

Comment es tu devenu artiste ? Tu es allé en école d'art, n'est-ce pas ?
Oui, j'ai étudié à Cleveland (Ohio). Ma mère allait à une école de design industriel là-bas quand j'étais à l'école primaire. Donc de la première jusqu'à cinquième année, je suis allé avec elle à l'école et par conséquent j'étais exposé à ce qu'est une école d'art dès le plus jeune âge. Peut-être que c'était toujours davantage une option pour moi. J'ai toujours su que des gens - des adultes - faisaient cela.
En plus, il y avait un excellent musée d'art de l'autre côté de la rue, c'était gratuit et un peu comme ma garderie. Elle me laissait là-bas pendant la journée. J'ai été exposé à l'art dès un très jeune âge. Je suis allé en école d'art pensant que je ferai du design industriel, comme ma mère, mais dès que je suis arrivé, j'ai pensé : « Non, je veux juste faire de la peinture. »

Quelles sont des sources d'inspiration pour toi? Par exemple pour l'exposition actuelle à la galerie Zürcher, où est-ce que tu as trouvé l'idée pour le sujet ?
Un jour, j'ai trouvé par hasard ce site web qui a toutes les captures d’écran de tous les films Disney. J'ai commencé à les regarder simplement parce que je trouve que les films Disney sont vraiment magnifiques. Et finalement j'ai vu une capture d’écran et j'ai pensé « Je dois la peindre. » . C'est comme cela que ça a commencé. Et puis, j'ai regardé des centaines de captures d’écran et j'ai téléchargé toutes celles que j'aimais. Il difficile de décrire pourquoi je sélectionne celles que je sélectionne, mais c'est selon le sentiment que j'ai. C'est lorsque je peux imaginer que ce sera un plaisir de les peindre. Je choisis des images qui me paraissent incomplètes, où j'ai l'impression qu'elles ont besoin de quelque chose d'autre et où il y a de l’espace où je puisse m'insérer. Surtout dans les anciennes images de Disney il y a beaucoup d'espace vide – beaucoup d'espace à remplir avec des textures...

 

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J’ai été exposé à l’art dès un très jeune âge.

The Wind, 2014, Acrylic on Panel, 36 x 36 in. (91,5 x 91,5 cm)

Est-ce qu'il t'arrive que tu rencontres des problèmes en peignant et qu’en conséquent tu renonces simplement à une peinture?
Ça n'arrive jamais. Je ne peux pas ne pas finir quelque chose.

 
Je choisi des images qui ne paraissent pas si complètes, où j’ai l’impression qu’elles ont besoin encore de quelque chose d’autre et où il y a de l’espace pour que je puisse m’insérer.

All Seeing, 2015, Acrylic on Panel 40 x 30 in. (102 x 76 cm)

Comment te sens-tu par rapport à tes peintures récentes?
Je préfère toujours les deux ou trois peintures les plus récentes. Dès que j'ai fini une peinture, elle ne m'intéresse plus autant. Concernant des peintures d'il y a quelques années c'est bizarre – je ne me rappelle même pas de les avoir fait. C'est comme si je regardais un autre artiste. On n'arrive pas à se souvenir pourquoi on a décidé de faire plein de choses.

Peut-être parce que tu peins dans une durée prévisible un grand nombre de peintures. Ce serait comment avec des toiles de très grande taille?
Une grande peinture prendrait une éternité et serait un gaspillage de ressources ou un gaspillage du temps que je consacrerais à une seule peinture. Quand je suis venu à Brooklyn je peignais littéralement une toile grande comme ça [Il montre avec ses bras des très grandes dimensions] pendant environ trois ans...Se souvenir du travail qui était fait sur ces œuvres est peut-être même plus difficile, parce qu'il y a une telle durée de temps à condenser. Mais il y a quelques peintures dont je me souviens, parce que j'ai des associations spécifiques.

Dès que j’ai fini une peinture, elle ne m’intéresse plus autant.

Horrific Beauty, 2014 , Acrylic on Panel, 30 x 24 in. (76 x 61 cm)

Les 3 choses que vous ne savez pas encore...

Ton dernier coup de cœur artistique...
C'est difficile à dire, j'ai l'opportunité de voir tant des choses magnifiques. Avant de déménager à New York il y avait beaucoup d'artistes que j'aimais beaucoup et maintenant tous ces gens sont mes amis et je peux voir leurs œuvres tout le temps. De plus, je partage le studio avec mon ami Henry Gunderson et ses peintures sont extraordinaires - j'ai l'opportunité de voir des peintures magnifiques chaque jour.

À quoi ressemble ton processus de travail? Est-ce que tu vas au studio et tu réfléchis d'abord qu'est-ce que tu vas faire ?
Je dirais qu'il n'y a pas beaucoup de moments où je m’assois et je réfléchis. Quand j'arrive au studio je sais déjà ce que je vais faire. Il y a aussi beaucoup du travail à l'ordinateur, comme le dessin.

L'artiste que tu aimerais rencontrer un jour...
Peut-être David Hockney – il est un de mes artistes préférés. Ou Alex Katz. Je ne les connais pas du tout, mais quand je grandissais il y avait cette peinture gigantesque d'Alex Katz dans le musée d'art de Cleveland et c'était mon coup de cœur quand j'étais petit. Il a l'air d'être un mec cool.

 


L'exposition de Michael Dotson "A Whole New World"
est visible à la galerie Zürcher jusqu'au 6 juin 2015,
au 56 rue Chapon, 75003 Paris.

 

 

Une rencontre réalisée et racontée par :

Alli

 
 

Pour moi, l'art c'est...:
L'opportunité de voir le monde d'un autre regard.

L'artiste que vous aimeriez rencontrer :
Ai Weiwei, j'ai une admiration esthétique pour ses œuvres d'art,
mais également pour l'ampleur politique et sociale de ses projets.