Jacques-Henri Sansoulh

Jacques-Henri Sansoulh

Ce n’est qu’à la mort de Jacques Henri Sansoulh, en 2013, que son entourage a découvert l’ampleur d’une oeuvre obsessionnelle produite, pendant plus de 20 ans, dans l’intimité. 

Après des études scientifiques à Toulouse, Jacques-Henri Sansoulh s'installe en 1962 à Paris, où il va mener, durant plusieurs dizaines d’années, une activité cinématographique, d’abord comme assistant, puis comme réalisateur de courts et de longs métrages documentaires.

 La peinture a tenu beaucoup de place dans sa vie, au même titre que le cinéma, la musique, le théâtre — comme pour toute la génération qui a connu l’explosion culturelle des années 60.  

Mais ce n’est que tardivement, au début des années 90, qu’il franchit le pas : la peinture devint rapidement son activité principale, sans vouloir pour autant l’exposer. Seuls quelques très proches connaissaient la place qu’elle prenait pour lui désormais.

Durant les vingt dernières années de sa vie, il s’y consacra presque exclusivement, dans une fièvre qui le vit accumuler les œuvres, sans autre souci que sa passion créatrice. 

Shaka

Shaka

Shaka (Marchal MITHOUARD) est né en 1975. Il vit et travaille à Igny (91).

Derrière SHAKA se cache Marchal Mithouard, un artiste qui s’attache depuis 15 ans à dépeindre ses contemporains dans leurs expressions les plus caractéristiques. Il découvre la bombe aérosol en 1995 et très vite, ses visages colorés, aux expressions quasi-caricaturales, couvrent les murs d'Evry, sa ville d'origine.

Il explore en parallèle plusieurs media: peinture, sculpture, graffiti, sérigraphie, photo, numérique, tatouage avant d'orienter résolument son travail vers la peinture et le portrait. Les visages et les corps sont fragmentés, nervurés, cernés de noirs, les nerfs à vifs, comme s'ils portaient un masque ou s'ils étaient, au contraire, décharnés.

En 2007, SHAKA ajoute à certaines peintures une 3ème dimension, en sculptant directement sur la toile à l’aide de matériaux légers. Aboutissement de recherches antérieures, cette forme mixte inédite laisse une place nouvelle à la spontanéité, à l’accident, aux expressions insolites du monde contemporain. La toile devient l’espace de transition entre deux univers, que ses personnages traversent pour interpeller le « regardant ».

Depuis 2012, il affine considérablement sa technique en volume et confère à ses sculptures la finesse de ses oeuvres sur toile, rendant d'autant plus saisissantes les expressions et les effets de mouvements.

Rafiy

Rafiy

Rafiy Okefolahan est né le 7 janvier 1979 à Porto Novo (Bénin). Rafiy puise sa force créatrice dans le bouillonnement culturel de l’Afrique. Artiste nomade, son parcours l’a porté du Togo au Nigéria et dans divers pays d’Afrique de l’ouest, avant qu’il ne s’installe 2 ans au Sénégal, à l’école Nationale des Arts de Dakar. Rafiy fait partie des premiers artistes exposés à la galerie.

La toile est son écran, sur lequel il projette ce qu'il voit, ce qu'il redoute, ce qu'il veut dénoncer, en particulier en traçant des ponts entre les cultures africaines et européennes. Coloriste hors pair, Rafiy est également un matiériste qui intègre dans ses tableaux des éléments naturels comme la terre, le sable ou le marc de café.

Sergio Moscona

Sergio Moscona

Né en 1979 à Buenos Aires, pendant la dictature militaire en Argentine, Sergio Moscona travaille sur une narration dont la thématique est souvent d’ordre social et/ou politique.

Son travail témoigne de la condition humaine, avec une force graphique inégalée du tragi-comique.

Son dessin expressionniste extrêmement élaboré saisit la violence du monde qui nous entoure et en livre la vision absurde à travers une oeuvre plurielle, mais extrêmement cohérente, faite de peintures à l’acrylique, collages, dessins aquarellés ou exclusivement à la mine de plomb.

Ses oeuvres figurent déjà dans de nombreuses collections privées et musées en Argentine mais aussi en France, en Angleterre, en Équateur, aux États-Unis, au Brésil, au Paraguay et au Mexique.

Aki Kuroda

Aki Kuroda

Aki Kuroda, né le 4 octobre 1944 à Kyōto, est un peintre, artiste contemporain japonais, qui vit et travaille à Paris.
Aki Kuroda a été élevé dans une famille très ouverte sur la culture européenne. Il commence à peindre dès l’âge de trois ans, expose pour la première fois à 10 ans. Il se plait à dire qu’il peint depuis qu’il sait tenir un pinceau.

 

Après plusieurs séjours en France, il s’installe définitivement à Paris en 1970. Il réalise sa première exposition personnelle en 1978 en Allemagne. En 1980 il est sélectionné pour la 11e Biennale de Paris et en 1994 à la Biennale de Sao Paulo.

Il bénéficie de nombreuses expositions personnelles tant en Europe qu’au Japon, Brésil, USA, Chine, en particulier au Musée National à Bratislava en 1992, aux Musées Nationaux d’Art Moderne à Tokyo et à Osaka en 1993/94.

Depuis 1992, Aki Kuroda, en parallèle de son travail pictural, crée des spectacles performances dans lesquels il mêle différentes formes artistiques. Artiste multi-facettes, il effectue également de nombreuses collaborations avec des personnalités importante du milieu artistique au sens large: il conçoit les décors du ballet Parade pour Angelin Preljocaj à l’Opéra de Paris et au Festival d’Avignon en 1993; il collabore avec des architectes comme Tadao Ando et Richard Rogers au Japon.
Plusieurs commandes publiques et privées viennent également marquer son parcours: en 2000 il réalise les peintures murales pour le Pôle Universitaire Léonard de Vinci, la Maison de la culture du Japon à Paris, le café du Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, pour la ville de Paris ou pour l’École Nationale des Douanes de Tourcoing (oeuvre inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2009).

Aki Kuroda est également très lié au milieu littéraire. En 1985, il édite
la revue Noise, à laquelle participe, entre autres, Jacques Derrida et Michel Serres. Par ailleurs, ses oeuvres n’ont cessé d’inspirer des gens de lettres comme Marguerite Duras, Michel Foucault ou Pascal Quignard.

Aharon Gluska

Aharon Gluska

Aharon Gluska est né à Hadera, Israël en 1951. Il a étudié à l’institut des beaux arts Avni de Tel Aviv pour ensuite rejoindre l’ academie Des Beaux Arts de Paris. Il vit et travaille à New York. Il a présenté de nombreuses expositions en Europe, aux Etats-Unis, en Chine ou au Moyen-Orient.

Pour sa série Imagined Landscapes (2004-2014), Aharon Gluska a mis en place un long processus lui permettant de créer des paysages imaginaires à partir d'eau, de pigments, d'encre et d'aquarelle.

La série Between the Lines, entamée en 2014, résulte de l’accumulation de 50 ou 60 couches de couleurs étalées par de larges racloirs et grattées à la truelle, qui traduisent une réflexion profonde sur la mémoire

Evrard & Koch

Evrard & Koch

Evrard & Koch sont un duo d'artistes français. Ces deux identités touche à tout, remarquées dans des domaines aussi différents que la joaillerie, le design ou la couture, combinent leurs talents en une entité plus que remarquable, à l’origine d’une oeuvre résolument Hors Cadre.

Evrard & Koch se nourrissent tout autant de l’épure de Mondrian, des blancs de Ryman ou des impressions optiques d’Agam, pour retranscrire une oeuvre inclassable, qui tient aussi bien de l’architecture que de la peinture ou de la sculpture.

La ligne noire qui encadre l’oeuvre classique se fracture, laissant apparaitre dans ses tranches des pigments puissants qui se refractent sur le mur ou sur les miroirs intégrés, donnant à voir une oeuvre multiple qui se redessine selon l’angle d’approche. Toujours minimaliste de face, le blanc, le noir ou le miroir rythment la surface à mesure que l’on se déplace, tandis que la couleur palpite secrètement en son intimité et se répand au dehors.
C’est la revanche du hors champ, de l’envers sur l’endroit, du latéral sur le facial. Une oeuvre vibrante et juste.

Isabel Espinoza

Isabel Espinoza

Le travail d’Isabel Espinoza ne peut se cantonner à un seul médium: dessin, sculpture, peinture, installations, performances, l’artiste équatorienne s’investit physiquement dans une œuvre où le vide et l’espace tiennent un rôle primordial.


D’identité, il est toujours question, comme en témoignent les oeuvres récentes de ses séries Metafora de los Escudos ou Centros y Desbordes. Mais ses dernières oeuvres sur papier, sur lesquelles la couleur fait son apparition, témoignent dune vibration plus intérieure, plus intime.

Isabel se nourrit des contradictions d’un monde en pleine mutation, pour livrer une oeuvre d’une grande subtilité sur papier. “Papel”, en espagnol, se traduit à la fois “papier” et “rôle”…

Yuriko Takagi

Yuriko Takagi

La photographe japonaise Yuriko TAKAGI a toujours partagé sa carrière entre des séries pour des grands noms de la mode (en septembre 2012, 80 photos de Yuriko ont été publiées dans le livre Pleats Pleased’Issey Miyake) et des projets plus personnels (Confused Gravitation, Nus Intimes, etc). Ses travaux font partie de prestigieuses collections comme celles du Musée National d’Art Moderne de Tokyo ou du Shangai Museum, mais l’artiste n’avait pas été exposée en France depuis 1988.

Nous avons eu l’honneur d’exposer, en 2012 et 2013, sa série The Birth of Gravity, réalisée durant les dernières années. Quinze années pendant lesquelles Yuriko Takagi a parcouru le monde à la recherche d’endroits où la nature révèle sa splendeur aux plus téméraires. En Namibie, en Indonésie, en Argentine, au Japon, en Chine et ailleurs, la photographe a établi une relation de confiance avec la population locale, au point de la convaincre de poser nu, pour capturer les instants de grâce nés d’un dialogue entre la nature et les corps.

Olivier Catté

Olivier Catté

Olivier Catté (né en 1957) est un artiste français qui vit et travaille à Rouen. Diplômé d’Expression Plastique aux Beaux Arts de Rouen en 1981, il fait ses armes dans la rue, puis travaille sur différents supports (peinture, gravure, art numérique, etc.), avec un focus presqu’obsessionnel sur la ville - son mémoire de fin d’étude portait déjà sur le labyrinthe.  En 2008, il commence à travailler le carton de récupération.

C’est en 2007, lors d’un de ses nombreux séjours à NYC, qu’il décide de travailler le carton et qu’il passe maitre dans l’art d’y révéler des cités à perte de vue. Le carton de récupération fascine Olivier Catté : rebut de la société de consommation, maison de fortune pour les plus pauvres, c’est un symbole omniprésent de l’absurdité des sociétés modernes, et une formidable matière première d'expression plastique.

Sans aucun collage, Olivier Catté déchire et creuse le carton, pour faire apparaitre, en négatif, des citées gigantesques. C’est donc ce travail de destruction, répétitif, obsessionnel, qui produit ces effets de volumes fascinants et contribue à l’élaboration d’une oeuvre de notre temps.

Passionnés par le travail d’Olivier Catté depuis l’ouverture de la galerie, nous avons été les premiers à exposer ses oeuvres et sommes très fiers de suivre son parcours.

Sergey Kononov

Sergey Kononov

Né à Odessa en 1994; Sergey KONONOV vit et travaille à Paris.

Entre 9 et 20 ans, Sergey a suivi chaque semaine des cours de peinture dans l’atelier d’un peintre d’Odessa. Il intègre le Collège d’Art d’Odessa en 2009, puis l’Académie d’Etat de Génie Civil et d’Architecture d’Odessa en 2013, avant de rejoindre l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en septembre 2015. Il peint à l’huile et à la bombe aérosol; il aime marier ces deux techniques, qui possèdent la même brillance et la même épaisseur, la bombe apportant un flou qui correspond bien à l’esprit de notre époque.

Pierre Muckensturm

Pierre Muckensturm

En 2004, c’est la visite de Notre Dame du Haut, une oeuvre majeure de l’architecte Charles-Edouard Jeanneret-Gris, qui bouleverse Pierre Muckensturm ; elle l’incite à quitter la figuration pour retrouver dans sa peinture la justesse de l’émotion perçue alors et, à partir d’elle, chercher à créer son propre univers de «bienveillance», comme il aime le dire. 

L’artiste cherche à être absolument juste dans ses réalisation, où la notion de croisement, de jonction, est travaillée dans un langage d’émotions sobres et intimes. Il appuie ses recherches sur la certitude que, comme a pu l’affirmer Julius Bissier : «Le calme est plus grand que la tempête». Il s’exprime pour ce faire par de grandes peintures à l’huile, dans un premier temps.

En 2010 lors d’une résidence artistique au musée Boribana de Dakar, un inconnu rapport à la temporalité d’une infinie souplesse s’impose à lui en Afrique.

Depuis cette expérience, parallèlement à son oeuvre peinte, il développe une oeuvre gravée - en  collaboration avec le taille-doucier Rémy Bucciali - qui vise la fixation d’une ligne/forme/entre-forme d’une souplesse, courbure et d’un déploiement qui puissent le plus justement exprimer sa nouvelle préhension temporelle.

Camille Cottier

Camille Cottier

Camille Cottier est une jeune artiste française née en 1990, diplômée des Beaux-Arts d'Angers en 2013. Elle vit et travaille à Paris.

Ses premiers travaux témoignent d'une recherche sur les limites physiques et possessives du corps (le sien, celui des autres). A partir de 2014, elle débute un travail instinctif et obsessionnel sur Les Bonshommes, vaste série de portraits en pieds d'hommes nus, quasiment identiques, nous faisant face.

 "La réalisation de la série des bonshommes part d’un travail instinctif qui s’est révélé obsessionnel. Ils ne sont pas là pour parler d’un évènement précis, ils représentent plutôt une accumulation d’émotions, d’angoisses, de peurs mais aussi de paix et d’espoirs. Ils peuvent témoigner d’une société contemporaine, mais ils semblent également porter le poids d’un passé chargé. Ils sont mon défouloir. Ils prolifèrent, se superposent, s’accumulent mais ne sont pas concernés les uns par les autres ; ils ne se regardent pas entre eux, c'est à nous qu'ils s’adressent. Ils nous interrogent. Qui sommes nous, que faisons-nous? Nous sommes, en quelque sorte, les spectateurs de notre public. Le positionnement frontal des personnages souligne cette confrontation entre le spectateur et le dessin.

La représentation des bonshommes ne nous donne pas beaucoup d’informations sur leur âge, leur sexe, la raison de leur nudité ou encore de leur absence de poils / cheveux. Mais ils ne semblent pas avoir la même identité que nous. 

Florence Grundeler

Florence Grundeler

Née à Paris en 1968, Florence GRUNDELER grandit entre les « paysages urbains » de la banlieue parisienne et la douceur des lignes du Vexin où elle développe ce lien privilégié avec la nature. Après des études de chinois à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et quelques séjours en Chine elle commence à Paris une recherche personnelle et un travail créatif.

Les sept ans passés au Brésil sont déterminants dans sa volonté de mener une carrière artistique; les rencontres avec des artistes plasticiens et graveurs élargissent sa gamme d’outils et amplifient ses possibilités d’expression. Ses pas la conduise ensuite à Moscou puis à Buenos Aires, l’occasion chaque fois de glaner des façons de voir, de vivre, de faire dont elle s’imprègne et se nourrit.

En 2009, elle s’installe dans le Gard, près d’Uzès; lumière, nature, isolement sont les éléments nécessaires à la poursuite de son travail autour de la trace, la ligne, le fil et les paysages intimes ou géographiques.

Marine Joatton

Marine Joatton

Après avoir obtenu son diplôme de l’Institut d’Etudes Politiques (Science Po) de Paris à 20 ans, Marine Joatton (née en 1972)  décide de changer de voie pour se consacrer à la création artistique. Elle commence en 1995 un cycle universitaire au Duncan of Jordanstone College of Art, à Dundee, Écosse. Admise à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (Ensb-a) en 1997, elle y fréquente les ateliers de Joël Kermarrec, Erik Dietman et Giuseppe Penone. Elle en sort diplômée en 2001 et, en 2004, présente ses premières expositions personnelles.

Marine Joatton a commencé par créer des « bêtes », près de 200 petites sculptures faites de matériaux organiques divers qu’elle a ensuite dessinées. « En les faisant s’entre-dévorer et s’entre-accoupler, Marine Joatton les fait se reproduire et se multiplier en une infinité de combinaisons jusqu’à faire naître une nouvelle espèce animale dans laquelle se trouvent tous les animaux réduits ou grossis à la même taille » écrivent Kristell Loquet et Jean-Luc Parant à propos de ce travail.
À partir de 2004, elle se met à des formats plus grands avec ses « chaines alimentaires » puis une série de grand dessins (114 x 150) utilisant divers médiums où se mêlent, comme l’écrit Henri Bordes, « un concentré d’obsessions se cannibalisant, un enchevêtrement de formes à l’identité hésitante […] des membres tapis dans l’image. ».