Notre rencontre avec Guillaume Pinard

A l’occasion de son exposition « La diligence », à découvrir à la Galerie Anne Barrault jusqu’au 2 avril, Carmen a eu la chance de rencontrer l’artiste peintre et dessinateur Guillaume Pinard. Préparez-vous à un voyage inattendu, poétique et plein d’humour...

Pouvez-vous nous parler de votre parcours. En tant que passionné d’histoire de l’art et d’amoureux de la science-fiction, comment avez-vous commencé à  vous intéresser au dessin ?
Ça n’a pas vraiment commencé, parce que j’ai toujours beaucoup dessiné. C’est une histoire assez banale. Je dessinais beaucoup, mais je ne savais pas que l’on pouvait en faire son métier. Les premières choses que j’ai regardées, ce sont les pages illustrées des dictionnaires. Je me disais, tiens il y a des gens qui doivent faire ça comme métier, illustrer les dictionnaires. Enfant, c’est la seule chose concrète que je voyais par rapport à mon goût pour le dessin. Après, j’ai commencé à lire des bandes dessinées et je me suis dit, tiens, il y a peut-être autre chose de possible. Puis, quand j’ai commencé à étudier l’histoire de l’art au lycée, j’ai su tout de suite que c'était ça. Il y a eu un déclic. La découverte de la modernité a été un choc. Ensuite, j’ai fait les Beaux-arts, puis jeune artiste j’ai essayé d’exposer, de rencontrer des gens, etc., etc., …

A quel moment est venue la peinture ?
Ce sont des allers-retours. Quand je suis arrivé aux Beaux-arts, je voulais faire de la peinture, mais je m'en suis écarté. À cette époque, j'avais trop de choses à découvrir et cette période a été une longue séance de rattrapage. Quand j'en suis sorti, j’ai repris progressivement cette pratique. Mais très vite il y a eu l'animation. L'ordinateur était devenu accessible et on pouvait trouver des moyens de production pour réaliser des films à moindre coût. C’est un domaine qui m’a vraiment passionné. C’était à la frontière du dessin, de la peinture, de la musique, de la BD. Tout un tas de champs qui m'intéressaient et que je pouvais compulser dans une seule forme. La peinture est revenue en 2010 pour une exposition chez Anne Barrault Tomate. Depuis cette date, elle s'est beaucoup développée et transformée, mais elle ne m'a plus quitté.

 

Guillaume Pinard, Autoportrait (2015). Courtesy of galerie anne barrault.  

Guillaume Pinard, Autoportrait (2015). Courtesy of galerie anne barrault.

 

Les premières choses que j’ai regardées, ce sont les pages illustrées des dictionnaires.

Guillaume Pinard, Le lot (2015). Courtesy Galerie Anne Barrault.  

Guillaume Pinard, Le lot (2015). Courtesy Galerie Anne Barrault.

 

Vous évoquez souvent des associations d’idées qui sont à l’origine de vos créations. Est-ce que vous pouvez nous parler de celles qui ont engendré l’exposition La Diligence ?
Je fais feu de tout bois. Les idées peuvent venir de photographies que je prends ou que je trouve, de dessins que je réalise, car je dessine tous les jours dans mon carnet. Elles viennent aussi de peintres que j’aime et auxquels je veux répondre. Tout ça constitue un mélange. C’est une digression permanente, un mouvement de la pensée. Et comme je fais également des peintures tous les jours sans trop me soucier de la cohérence des registres que j'emprunte, je me retrouve très vite avec un corpus hétéroclite. Et c’est finalement ce que je veux montrer. L’exposition, c’est le moment du montage où je colle des rushs pour constituer des séquences. Les éléments disparates s'agencent.

Vos toiles sont justement peuplées de personnages, mais aussi d’objets. Est-ce que ceux-ci se répondent ? Est ce qu’il y a un récit qui se construit à travers eux ?
Récit dans la peinture, c’est un peu abusif, car il n’y a pas vraiment une histoire, ou d’histoires qui se racontent. Je pourrais bien sûr raconter une histoire pour chaque tableau, mais elle n'est pas très intéressante, dans la mesure où cette histoire ne constitue que la motivation qui m'a conduit à le réaliser. Je suis plus intéressé par la tension narrative qui se produit lorsque le tableau en rencontre un autre, se trouve pris dans un ensemble, sort de l'atelier et devient indépendant de toutes mes justifications.  La narration est très présente dans mon travail. Le livre, l'animation, l'exposition - qui sont les trois formes que j'ai le plus travaillé - permettent d'agencer des fragments et de construire du temps. Je considère toujours mes spectateurs comme des voyageurs qui se baladent dans des espaces décousus et auxquels il est proposé de connecter des formes hétérogènes entre elles, pour y élaborer un chemin. La navigation peut se faire en surface, de motif à motif, mais aussi en profondeur, lorsqu'on détecte les références historiques, les clins d'oeil. Il y a même des blagues privées qui ne s'adressent qu'à trois personnes. Oui, c'est une manière de sculpter du temps en mixant des ressources qui vont de l'anecdote à l'histoire de l'art, du cliché à l'énigme.

Une exposition est une chevauchée chargée par la menace d’être attaqué par un ennemi : un spectateur qui va rendre possible le rapprochement des œuvres entre-elles.
Guillaume Pinard, La tribu (2015). Courtesy of galerie anne barrault.

Guillaume Pinard, La tribu (2015). Courtesy of galerie anne barrault.

Le titre de l’exposition, « La diligence », peut renvoyer à un moyen de locomotion, à la manière de réaliser une action. Comment celui-ci a-t-il émergé ?
Il est encore question de digression. Pour les tableaux comme pour les titres, je vais très vite. Les idées produisent des recherches, qui produisent des expositions, qui produisent des titres, etc. Tout est mêlé et s'enchaîne. J'ai développé une économie de mon travail où il n'y a pas de perte. Pour « La diligence », le titre vient de ma précédente exposition, à Château-Gontier. J'y faisais une visite guidée où j’ai comparé mon exposition à une diligence. J'utilise souvent ces métaphores véhiculaires. J'imagine l'exposition comme un lieu où sont réunis plusieurs personnages, des tableaux, tous différents, embarqués dans une diligence qui doit traverser un paysage. J'ai repensé au film de John Ford, Stagecoach (La chevauché fantastique, en VF) et la manière dont les protagonistes qui s'opposent au début du film finissent par être soudés par le danger que représente leur traversée. C'est ça. Une exposition est une chevauchée chargée par la menace d'être attaqué par un ennemi. Un ennemi, le spectateur qui va rendre possible le rapprochement des œuvres entre elles. Et puis le mot diligence évoque la rapidité. C'est un mot qui va très bien avec ma façon de travailler.

Vous parlez d’ailleurs souvent de l’importance de la lisibilité des formes. Est-ce pour faciliter l’interprétation du public ?
Dans tout ce que je fais,  j’aime que la forme soit lisible. Ce n'est pas un problème d'accessibilité, mais de lisibilité. J'essaye de trouver une prose. J’ai l’impression que plus la forme est lisible, plus les choses mystérieuses deviennent mystérieuses, plus les choses étranges deviennent étranges. Je n'aime pas que la complexité soit manifeste. Je veux qu'on puisse regarder mon travail au premier degré. Je veux qu'on comprenne tout de suite les images. Je n'invente pas de formes nouvelles, insolites, ou inédites. Ce sont les combinaisons qui valent pour moi, les agencements, le montage. Dans mon travail, on peut se contenter des blagues, des images régressives. On peut aussi y passer plus de temps et découvrir la complexité que représente l'accord entre des ressources et des registres différents, s'étonner de voir une femme peinte de manière réaliste à côté d'un motif torché avec trois coups de pinceaux. Lorsque j'écoute un spectateur qui décrypte mes agencements, il construit toujours des liens que je n'avais pas anticipés et la plupart du temps je suis d’accord avec lui ! Il faut que les images s'offrent très simplement pour obtenir cela. Je ne tarabiscote pas les moyens que j’utilise. Ce sont les moyens de tout le monde. J’aime bien ça aussi.

Guillaume Pinard, Mortadella ou la grosse baigneuse (2015). Courtesy Galerie Anne Barrault.

Guillaume Pinard, Mortadella ou la grosse baigneuse (2015). Courtesy Galerie Anne Barrault.

 
C’est un peu comme dans la pensée onirique. Quand on déroule un rêve, qu’on le raconte, on ne fait que mettre du lien entre des images solitaires, on invente des constellations dans un ciel étoilé.

La salle d’exposition donne justement l’envie de s’y assoir, comme dans une bibliothèque ou une pièce où l’on conserverait des objets qui nous sont précieux, qui éveillent notre imagination, notre réflexion.
Oui, c’est un peu cette idée-là. Le mot chambre, pourquoi pas. Un observatoire peut-être. C’est comme une carte mentale, quelque chose dans lequel on est immergé, avec plein de points dans le ciel et une infinité de possibilités de constellations. C’est un peu comme dans la pensée onirique. Quand on déroule un rêve, qu'on le raconte, on ne fait que mettre du lien entre des images solitaires, on invente des constellations dans un ciel étoilé. C’est au moment où l’on raconte le rêve qu’il existe vraiment. C’est au réveil que nous racontons et mettons du sens dans quelque chose de complètement décousu.

Vous êtes une sorte de conteur d’une certaine manière.
En fait, ce qui me plaît avec la peinture, c’est que c’est un travail de couches. Lorsque je peints, il y a souvent des références explicites, mais parfois ces références remontent à la surface sans que je les ai convoquées. Je voudrais que le spectateur navigue dans mon travail comme je navigue dans ma pratique, comme quelqu'un d'égaré qui cherche son chemin. Les histoires s'enchaînent, s'articulent dans un tissage qui se déploie interminablement, qui se reforme aussi au grès des contextes et des lecteurs. S'arrêter serait mortel. Comme pour Shéhérazade.

Dans l’exposition « Tomate » (Galerie Anne Barrault, 2010), les formes avaient quelque chose de très graphique, très lisse. Les couleurs étaient déjà vives, voire acides. Ici on a l’impression de voir réuni vos dessins monumentaux en noir et blanc, comme le tableau Mary (2013), et ceux en couleurs, avec une affirmation de la matière. Comme une réconciliation de deux tendances depuis quelques années. Est-ce un choix conscient ?
Dans les peintures de l'exposition Tomate, il y avait déjà beaucoup de clins d’œil, de références à l'histoire de l'art, mais je ne me confrontais pas directement à la matière picturale. Je travaillais beaucoup sur ordinateur, en vectoriel. C’était très lié à ce que je développais dans mes animations. Finalement, ces tableaux étaient comme des images sorties de l'ordinateur qui venaient s'incarner dans un espace réel. J’aimais bien cette ambigüité entre la peinture à l’huile et le numérique. Aujourd'hui, je me suis un peu écarté de ça et je suis plus impliqué dans la barbouille. Avec la peinture, j'ai l'impression que j'ai désormais la possibilité de me déplacer très largement tout en maintenant un support et une technique stable. J'ai la sensation de déplacer un cadre devant toutes les ressources à ma disposition en attendant que des signes attirent mon attention. J'enregistre ces interpellations comme des instantanées. Parfois l'image demande beaucoup de travail, mais ellepeut aussi apparaître en 10 minutes.

Guillaume Pinard, Mary (2013). Laurent Lecat/Galerie Edouard Manet, Gennevilliers. Courtesy of galerie anne barrault.

Guillaume Pinard, Mary (2013). Laurent Lecat/Galerie Edouard Manet, Gennevilliers. Courtesy of galerie anne barrault.

Votre œuvre, « Feu », qui dans cette exposition est un petit format, est-elle une reprise de celle que vous avez présentée en format monumental l’année dernière au Carré à Château-Gontier ?

Ces dernières années j’ai fait beaucoup de dessins muraux au fusain, de dessins monumentaux, où je reprenais les tableaux d’autres peintres, souvent classiques, comme ce tableau de Mary Cassatt que vous évoquiez juste avant. Cette fois-ci, j'ai pensé que ça pourrait être mon tour. Reprendre un de mes tableaux. Je m'y suis pris exactement de la même manière qu'avec les tableaux d’autres artistes. J'ai choisi une image qui pourrait supporter l'agrandissement et résonner avec le lieu. La seule différenceest que cette fois-ci, je l'ai réalisé à la peinture et non pas au fusain.

Qu’est-ce qui oriente le choix du format de vos œuvres ? Pour ces formats monumentaux dans lesquels vous rendez hommage à des peintres que vous aimez, est-ce que c’est une manière de se plonger dans leurs œuvres, d’être englobé par elles ?
Je n’aime pas vraiment utiliser le mot hommage. C'est tout le contraire d'un monument, d'un tombeau posthume. C'est vrai que j'ai besoin que les artistes soient morts et que le seul point de contact avec eux passe par le mur. C'est un rendez-vous, une rencontre, l'envie d'utiliser des œuvres comme espace de rencontres. Lorsque je réalise ces grands formats, j'ai le sentiment de traverser le miroir, de passer de l'autre côté de l'écran. C'est comme dans La Rose Pourpre du Caire (Woody Allen, 1985). Tout à coup le type vous regarde et vous vous demandez : « C’est à moi que vous parlez ?». Cette pratique constitue encore un voyage. Il s'agit de se balader dans l'espace du tableau vers l'artiste qui l'a créé, par le dessin, en barbotant dans la matière fragile du fusain, jusqu'à ce que l'image du tableau soit achevée, se referme comme un rideau et me chasse de cette visite en me confrontant à nouveau à la surface du mur. J'aime ce moment de flottement avec la surface. Il faut trouver son équilibre. C'est une chorégraphie. J’essaye de monter la barre toujours un peu plus haut, dans la difficulté, dans le format, pour être à la limite, pour que ça frotte. C’est ça qui est excitant également. Si je tombe malade, c’est la catastrophe. Pour moi, si le montage d'une exposition ne représente aucune expérience, je n'ai aucune envie d'y participer. Quand je fais un montage d'exposition, je suis toujours dans ce désir d'aventure. Il faut cette tension, être attentif à ce qui va se produire, ce que je vais découvrir. Je fais des expositions pour apprendre des choses sur mon travail.

Certaines de vos images renvoient à la culture populaire, d’autres proviennent de la « grande » histoire de l’art d’une certaine manière. Comment les choisissez-vous ?
Je suis comme tout le monde. J'ai des passions nobles et honteuses. J'ai longtemps cherché à les mélanger. Désormais, je ne les filtre plus, ni ne cherche à les accommoder. Je les montre brut de décoffrage. Elles peuvent désormais se toiser pour ce qu'elles sont.

Si vous deviez retenir une œuvre pour représenter votre exposition ?
Si je devais n’en choisir qu’une, qui pourrait se soustraire à l’ensemble ? En l’occurrence, c’est ce que j’ai fait dans l’exposition. J’ai encadré un tableau qui sort de l’ensemble. Je voulais faire la démonstration qu'un tableau pouvait aussi s'en sortir seul, même s’il est soutenu par un cadre. Le cadre doré peut faire kitsch, blague, j’en ai conscience et j'en joue. En même temps j’aime vraiment ça. Ce cadre ramène de la lumière sur le tableau, il l’isole, lui donne une présence qui ne lui fait pas craindre un grand espace

J’ai l’impression que plus c’est lisible, plus les choses mystérieuses deviennent mystérieuses, plus les choses étranges deviennent étranges.
Guillaume Pinard, Feu (2015). Courtesy of galerie anne barrailt.

Guillaume Pinard, Feu (2015). Courtesy of galerie anne barrailt.


Les 3 choses que vous ne savez pas encore...

Pouvez-vous nous parler de vos futurs projets ?
Fin mars je participe au salon du dessin avec la galerie Anne Barrault. J’ai également un projet à venir, « les chutes du Niagara », à Rennes, où je vis. C’est un projet contributif autour du dessin que j’ai déjà fait plusieurs fois. Encore une façon de me décaler de mon travail. Je vais travailler et faire travailler les personnes qui voudront bien me suivre, autour d’une œuvre de Paul Gauguin. Le tableau que j’ai choisi a subit une succession d’opérations (achat, retournement, repeint,…). Comme amateur d’art on se pose souvent la question de ce qu’on regarde. En dehors de ce qui se passe dans le tableau, il y a plein de choses périphériques à l’œuvre qui viennent parasiter notre regard. C’est pour ça que ça m’intéresse de prendre un peintre aussi connu et célébré que Gauguin. Avec ce tableau qui évoque Tahiti, la Bretagne et les chutes du Niagara, on est en pleine carte postale. Qu’est-ce qu'on peut encore arriver à voir au milieu de tout ça ? Ça m’amuse d’inviter des gens à simplement regarder le tableau avec moi.  J’aimerais qu’il y ait le plus de monde possible, que ce soit vraiment le chaos. Je voudrais que toutes ces reproductions viennent boucher entièrement l’espace du tableau, comme une sorte de recouvrement. Dans ces projets, l’idée est de ramener le public vers des choses très simples. C’est une expérience de l’œuvre que je veux plus directe, plus joueuse, moins écrasante. C’est un exercice indiscipliné, où l’on parle d’art avec un ton spontané.

Une œuvre que vous auriez aimé créer ?
Une seule ? En ce moment ce serait un tableau de Munch, L’assassin (1910). Par ailleurs, je suis prof de dessin aux Beaux-arts. Si je dis à un étudiant que Munch était un grand peintre, je ne prends pas un grand risque intellectuel. Par contre, si je dois le lui démontrer, ce n’est pas la même paire de manches. Ça fait peu de temps que j’ai découvert ce qu’il y a de grand, d’extraordinaire dans son travail. Je l’ai compris en peignant, en explorant son travail par la reproduction. J’aime beaucoup l’idée de penser avec les mains, d’essayer de comprendre les choses de l’intérieur. Ça me plaît de découvrir quelque chose d’aussi connu. C’est difficile et long de rentrer dans le travail de quelqu’un d’autre, de comprendre ce qu’il s’y passe. Au final, on ne peut pas réellement voir beaucoup de choses. Je vais d'ailleurs faire une exposition fin mars à Rouen, à la MAM galerie qui sera exclusivement constituée de reprises de tableaux de Munch.

Un conseil aux jeunes artistes ?
Ne pas se laisser distraire. La distraction au sens de ce qu’un artiste serait censé faire pour être artiste, la façon dont il devrait travailler, exposer, communiquer, etc. Toutes ces injonctions sont écrasantes quand on est un(e) jeune artiste. Elles sont écrasantes pour tout le monde d'ailleurs. C'est difficile d'être à la fois éveillé à tout ce qui se propose et de résister aux mauvaises solutions pour soi- même. On y perd beaucoup de temps.

 

L'exposition de Guillaume Pinard "La diligence" est visible jusqu'au 4 avril 2016 à la galerie Anne Barrault au 51 rue des Archives dans le 3ème arrondissement.

 

Une rencontre réalisée et racontée par :

Carmen